Historique de l’Economie Solidaire

Les SARL et les SA peuvent bien s’engager dans le commerce équitable ; les municipalités peuvent aussi lutter contre l’exclusion, en s’investissant dans les « régies de quartier » qui font travailler des habitants au service de leur propre cité.
L’économie solidaire se définit avant tout par son projet de société plutôt que par les formes juridiques.

Au-delà de leurs spécificités, ces initiatives reposent sur l’égalité entre les membres, oeuvrent pour la justice sociale, à travers le commerce équitable, entre le Sud et le Nord, ou la défense de l’accession de tous aux services ou à l’emploi. Idem pour les micro-crédits et les finances solidaires, dans la mesure où ils aident au développement économique. Même label pour les SEL (systèmes d’échange local), puisqu’ils permettent de lutter contre les exclusions sociales.
En somme, l’économie solidaire se définit aussi par sa diversité

L’économie solidaire n’est pas une économie non lucrative mais la recherche du profit n’y est pas une fin en soi. Les critères de rentabilité sont différemment appréciés. C’est dans la redistribution de la valeur ajoutée qu’elle se veut différente de l’économie libérale. Les entreprises solidaires se battent sur le marché comme les autres et doivent donc être performantes. Elles jouent la complémentarité et non la concurrence. Produisant à la fois de la valeur ajoutée marchande et de la valeur sociale, elles sont soutenues par des ressources mixtes, conjuguant le paiement par les clients, les aides nationales et locales et des engagements personnels bénévoles. Elles emploient des personnes exclues ou qui risquent de l’être. Elles fournissent des services individuels à des personnes aux revenus modestes. Elles assurent des services collectifs pour mieux vivre ensemble.

Des pratiques « marketing » innovantes, efficaces, respectueuses de leurs valeurs et de leurs objectifs sociaux
Le marketing dans l’économie solidaire s’évalue à travers les rapports humains : relations entre les consommateurs et usagers, relations en internes dans l’entreprise et relations avec les partenaires associés. Les politiques de produit, de prix, de commercialisation et de communication découlent de ces relations contrairement au marketing classique, capitaliste fondé sur un produit, avec son prix, des circuits de distribution, des clients préalablement étudiés et pris comme « cibles ».

En quoi se démarquent les termes d’économie sociale et solidaire ?
Pour certains, l’économie solidaire n’est qu’un rafraîchissement récent du concept d’économie sociale. Pour d’autres – et souvent pour ses propres militants – l’économie solidaire a une définition spécifique : avant d’être un slogan auquel se rallieraient des acteurs socio-économiques, l’économie solidaire est une notion.

Son expression s’est forgée dans les années 70, par Bernard Eme puis développée par Jean-louis Laville pour désigner « l’ensemble des activités économiques visant à démocratiser l’économie à partir d’engagements citoyens en posant la solidarité comme principe économique et ce quel que soit le statut juridique adopté » (association, coopérative, mutuelle).

Son étude par des chercheurs a répondu au besoin de souligner les spécificités d’expériences et d’initiatives apparues à partir des années 1960-1970 en réponse à la mondialisation néolibérale, par rapport à celles habituellement rangées sous le vocable d’économie sociale ou plus récemment de tiers secteur. Le tiers secteur recouvre des initiatives qui reposent largement sur une solidarité philanthropique, mise en oeuvre par exemple à travers les fondations.
Au contraire, l’économie solidaire veut donner droit de cité à une économie plurielle, à égalité avec les autres composantes de l’économie, marchande et non marchande.

A partir d’expériences de terrain, les acteurs de l’économie solidaire travaillent à la construction de modèles socio-économiques innovants, depuis une trentaine d’années.
Ces projets associent les salariés, les entrepreneurs et les usagers pour créer des activités économiques adaptées à leurs besoins. Cette démarche collective s’appuie sur le renforcement du lien social, le partenariat, les réseaux d’acteurs et la mutualisation, la démocratie économique, le respect des ressources humaines et naturelles, une organisation particulière du travail. Il s’agit donc d’une économie de lien entre les citoyen(ne)s, et entre un projet et son territoire.
Elle met en œuvre des formes de gouvernance démocratique.

L’ économie solidaire est porteuse d’un nouveau projet de société
Elle témoigne d’un questionnement politique sur l’économie avec l’idée qu’il y a un certain nombre de phénomènes qui relèvent plus d’une sphère intermédiaire articulée entre l’économie marchande et l’économie non marchande. Ce n’est pas une économie d’insertion qui aurait pour fonction de "panser" les méfaits du capitalisme.
Face aux enjeux actuels, l’économie solidaire est vraiment une alternative au modèle capitaliste et s’inscrit pleinement dans le développement durable, pour les générations futures.


Action publique et économie solidaire : Une perspective internationale / Jean-Louis Laville, Jean-Philippe Magnen, Genauto-C França Filho, Alzira Medeiros, Collectif, 2001
Comment la politique peut-elle retrouver une capacité d’intervention pour améliorer les conditions de vie sur ses territoires ? En effet, il existe depuis une trentaine d’années un foisonnement d’initiatives qui veulent concilier économie et solidarité (commerce équitable, coopératives populaires, services de proximité, gestion des services urbains par les habitants, systèmes et réseaux d’échange, auto production, agriculture et magasins biologiques, restaurants interculturels de femmes, créations d’activités par les chômeurs, autres formes d’entrepreneuriats collectifs...). Menées par des associations très diverses, elles témoignent d’une dynamique réelle de la société civile dépassant largement les modes de réparation sociale ou de survie pour aller vers des activités porteuses de développement durable. Ce qui est nouveau, c’est que les politiques publiques, questionnées lors des dernières décennies par ces pratiques, commencent à les prendre en compte aux niveaux national, régional et local. Dans des contextes différents, la question de la relation entre action publique et économie solidaire devient un enjeu fondamental pour la construction sociale d’une alternative à la mondialisation libérale. Présentation par les éditions Erès.


Textes à télécharger

Synthèse des ateliers du Lux 09 / RIPESS, INEES, avril 2009

Déclaration de Lux 09 / RIPESS, INEES, avril 2009

Charte du Collectif des acteurs de l’économie solidaire en région PACA / L’APEAS (Agence Provençale de l’Economie Alternative et Solidaire), avril 2007

Démarche de progrès de l’APES _ L’Assemblée Permanente de l’Economie Solidaire du Nord Pas de Calais expérimente depuis début 2007, la mise en place d’une démarche de progrès en économie solidaire. Cette démarche de progrès a comme objectif d’aider à la montée en qualité des structures, en abordant les questions relatives à la qualité des services et des produits, aux méthodes d’organisation et de gestion, aux relations de la structure avec son environnement, en lien avec les valeurs et principes de l’économie solidaire. Elle s’inscrit dans une logique de démarche qualité volontaire et partagée, et vise à permettre aux organisations engagées (entreprises, collectivités, associations...) d’intégrer de façon collective, méthodique et individualisée, les exigences de l’économie solidaire dans leur activité, leur fonctionnement interne, leurs relations aux partenaires et au territoire.

Comprendre l’économie solidaire : Analyse économique du concept. Eric Dacheux, Daniel Goujon. Groupe de recherches sur les Initiatives locales (GRIL)

Le Journal / NAJE, n°3

Message aux acteurs de l’économie sociale et solidaire / France active et CNCRES, 2006

Manifeste de l’Economie Solidaire / France Active, 2006

Pôle d’économie solidaire de Dijon Définition.

Méthodologie d’états des lieux de l’économie sociale et solidaire en Midi-Pyrénées / Cerises, 2005

Etude sur le profil des entreprises solidaires / France active, 2005

Repérage du réseau des acteurs de l’économie solidaire / MES, 2005

Etat des lieux quantitatif et qualitatif sur l’Economie Sociale et Solidaire en Midi-Pyrénées / CRESS et In Situ Consultants, 2004

Guide Entreprendre autrement - télécharger sur : http://www.sicoval.fr/documents/ressource/fich2-Guide_Economie_Sociale_et_Solidaire_2005.pdf

Définir l’économie solidaire / Ripess, 2003

L’économie solidaire, outil de développement du Sivom accord / Pierre Jacob, Président du Sivom Accord et du RTES, 2003

Volatilité ou pérennité des innovations sociales de l’économie solidaire, 3è rencontre de l’économie sociale et solidaire à l’Université de Toulouse-Le Mirail, 2003

Économie sociale et solidaire : le modèle français / Philippe Chanial et Jean-Louis Laville, 2002

Résumé de l’article \"L’économie sociale et solidaire : le modèle français\" Par Philippe Chanial et Jean-Louis Laville, 2002

L’appel pour une conférence permanente de l’économie solidaire, Collectif ACPES, 2001

Reconsidérer la richesse / Patrick Viveret. - Rapport d’étape. Décembre 2000

Texte présenté dans le dossier parlementaire de l’Inter-réseaux de l’économie solidaire / IRES, 2000

Charte fondatrice d’Iés / IéS, 1999

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